leprechaun

19 juin 2008

Le jugement

Quand il mit un pied dans la salle, il se rendit compte qu’elle était bondée.

Tout le village, lui souriait d’un seul sourire mi-compatissant mi-sadique.

Il avançait entre les deux rangées de bancs et s’arrêta devant une chaise.

Pas de place pour un jury populaire ?

Dans le pays de la révolution et de la démocratie ? Même ses royalistes de compatriotes traitaient mieux les suspects !

Pour finir ce décor accueillant, une grande croix rouge était peinte sur le sol.

Ce genre de détails aurait certainement pu le convaincre de suivre le moine et sa sorcière.

Tout à coup la cloche de l’église voisine sonna.

Toutes les personnes présentes dans la salle se levèrent.

Le prévôt lui dit « à ta place, je me mettrai à genoux »

« Euh j’ai le choix ? »

« T’as toujours eu le choix, mais depuis que tu es dans cette ville, tu n’as jamais fait les bons ! »

Il resta debout.

La porte qui se trouvait derrière la croix s’ouvrit d’un seul coup. Un prêtre au crâne rasé et aux yeux cernés entra dans la pièce en hurlant : « Dieu connaît ses enfants, il sait les pardonner. Mais il sait aussi punir ceux qui le méritent. »

« Regarder ce suppôt du mal, regardez-le, il ne se repend même pas de ses fautes, il me regarde debout comme s’il était votre égal ».

La salle hurla et couvrit les protestations de Patrick que de toute façon le Prévôt lui ordonna d’interrompre en lui appliquant une arme entre les omoplates.

 

« Tu ne me reçois pas comme le pécheur qui veut laver ses fautes, alors tu seras traité comme ceux qui croyait que le seigneur mentait ………attachez le !! »

Il commença à se débattre mais il reçut un coup juste à l’endroit de sa blessure.

Il s’évanouit de nouveau.

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17 juin 2008

La Guillotine :

«  …….te réveiller, oui ou merde ?????? »

Il ouvrit les yeux en suffoquant. Le Prévôt venait de lui jeter un sceau d’eau froide et vaseuse au visage.

Patrick bafouillât quelques mots incompréhensibles, à moitié en irlandais et à moitié en français et le tout noyé par l’eau qu’il venait de recevoir au visage.

« Ou sont ils allés !!! » Le Prévôt avait l’air hors de lui et tenait dans son autre main une longue matraque qui ne prédit rien de bon à Patrick.

Il pourrait peut être revendre ce talent dans un champ de foire à coté des voyantes de tous les acabits « Patrick peut lire dans votre matraque ». En pensant au coté grivois de ce qu’il venait de dire, il aurait presque été capable de sourire.

Enfin, il aurait sans la douleur, et sans le « Alors y sont où ? » qu’on venait de lui hurler dans les oreilles.

« J’en sais rien moi où ils sont allés. Si je le savais je ne serais pas là ».

« Oui d’ailleurs que fais tu ici ? »

« Je préfère être libéré en innocent que pourchassé en coupable et fuyard. Faut pas trop en demander à la chance »

«  Bon, lève toi, on va au tribunal pour te juger »

« Déjà ? Le Juge est déjà arrivé ? »

« Qui a parlé de Juge ? C’est le père Hubert qui va te juger. C’est le justice de Dieu qui s’applique ici. »

Patrick se leva et n’opposa aucune résistance quand on lui lia les mains. Il suivit les hommes de « l’ordre » (le qualificatif habituel « hommes de loi » ne semblait pas pouvoir s’appliquer à eux).

Ils le conduisaient vers …. L’église (il aurait peut être dû écouter le moine).

A gauche de l’église se trouvait une sorte d’échafaud mais différent de ceux qu’il connaissait : pas de corde mais une lame coincée dans des rails et une planche posée devant un trou qui devait servir à passer …….sa tête »

« ça s’appelle une guillotine » lui dit le garde. Il ponctua sa phrase par « ça tranche le cou net ».

Un frisson parcouru l’échine de patrick. Non seulement, l’idée d’être allonger dessus ne lui disait rien qui vaille ; mais le sourire de la brute ajoutait à ce malaise.

Patrick reprit ses esprits et poursuivit son analyse de la scène.

Il y avait une grande salle à droite de l’église. C’est là bas qu’on le menait.

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14 mars 2008

bonne fete patrick

bientôt la suite

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08 mars 2008

une defense monastique

Au bout de quelques instants, le maton fit entrer dans le couloir un homme d’assez petite taille, sa peau était aussi fripée que si il avait plusieurs centaines d’années. Il portait une robe du bure et une tonsure approximative.

« Bonjour, bonjour, mes enfants » dit-il gaiement avec un accent étrange que Patrick ne connaissait pas.

De toute façon ici tout le monde parlait différemment d’une ville à l’autre, « le patois » qu’ils appelaient ça. Patrick s’y était globalement fait.

Dès l’entrée de l’homme d’église la jeune femme réagit vivement et le fixa d’une façon soutenue. En observant attentivement la réaction de sa voisine, Patrick se rendit compte qu’elle fixait quelque chose au dessus de la tête du moine.

« Ecoutez, je n’ai rien contre les moines, dit Patrick, mais je ne pense pas être coupable d’un meurtre et je ne suis pas certain que vous puissiez apporter quelque chose à ma défense ».

Pour Patrick un avocat devait avoir un pantalon et ne pas porter de sandales.

« Comme vous voudrez mon fils, mais si vous en avez le temps cela ne vous coûte rien de m’écouter et vous prendrez votre décision ensuite. Donnez-moi une chance »

La chance, il en avait toujours eu de la chance. Il en avait rarement donné et peut être qu’en en donnant un peu les choses allaient s’arranger.

« Vas-y Papi, explique-moi comment tu veux les convaincre de mon innocence … et de la sienne ? » dit’il en désignant la fille du bout du menton.

Le moine avait une façon étrange de bouger, il semblait glisser sur le sol, il ondulait presque. Patrick trouvait ses mouvements très agréables, ils l’apaisaient, ils lui donnaient envie de continuer à discuter avec …

« Ma stratégie est la suivante… » l’ecclésiastique poursuit en barraguinant un tas de propos complexes qui donnaient à Patrick l’impression de n’avoir aucun sens et surtout de résonner comme s’il y avait de l’écho dans la prison.

Au fur et à mesure de son discours, il accentuait ses mouvements de balanciers et entama une conversation avec le maton, qui observait la scène comme le Prévôt le lui avait demandé.

Patrick reprit ses esprits au moment même où le garde tomba d’un bruit sourd. Le petit homme haletait, il avait arrêté sa danse et fouillait le lourdaud.

Au bout d’une petite minute, il brandit un trousseau de clés comme on soulève un trophée ou le fils d’un roi pour le montrer à la foule.

Il voulut ouvrir la cage de Patrick mais.

« Attention papy, si j’ai une chance de m’en sortir maintenant, cela ne sera plus le cas une fois évadé , mais je dois reconnaître que la technique n’est pas conventionnelle et que beaucoup de véritables avocats devraient s’en inspirer ».

« Comme tu veux, mon fils, mais ils construisent déjà votre potence et je ne pense pas que le juge soit impartial. »

Une potence, il fallait réfléchir vite….

La fille était sortie de sa cellule et regardait le gardien avec un drôle d’air.

« Et pourquoi tu nous aide ? »

« C’est trop long pour t’expliquer ça aujourd’hui mais le principal c’est que je le fasse non ? »

« Et comment savais-tu que nous étions là ? »

Tournant sa tonsure vers Patrick, il regarda la jeune femme : « elle me l’a dit ». 

Et puis quoi encore…Il fut assez surpris en voyant la chevelure rousse bouger en accompagnant les propos du moine par un hochement de tête affirmatif.

« Ok tu la sauves, mais moi je vous connais ni l’une ni l’autre »

« On ne se connait pas non plus ».

Patrick commençait à en avoir assez : ils ne se connaissent pas mais ils se parlent.

« Elle m’a fait dire qu’il fallait aider le petit homme vert, et je crois que c’est toi non ?» même hochement de tête.

Encore une surprise, il n’était pas habillé en vert et ni une jeune paysanne française, ni un moine étrange ne devait savoir qu’on l’appelait le LEPRECHAUN ni ne devait savoir de quoi il s’agissait.

C’était trop louche.

« Nan, désolé, je reste ici »

« Tant pis pour toi et pour nous tu nous manqueras et nous allons certainement échouer »

« Encore une devinette, explique-toi »

« Désolé pas le temps… mon fils »

Ils partirent rapidement en lui jetant un regard triste. Ils enjambèrent le corps du gardien et il les perdit de vue.

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28 février 2008

La geôle

Il poursuivit ses pensées à voix haute : « un conseiller juridique, je veux un law…avocat »

- «  crie pas si fort, je suis à côté de toi. » Il pris un air songeur ….  « j’veux bien d’mander en ville si quelqu’un est d’accord pour t’aider mais vu que tu n’as pas d’argent… maintenant si tu trouves une marmite d’or au bout de mon ARC EN CIEL… » il ponctua sa blague d’un geste obscène et d’un regard en coin vers la jeune femme « on pourra certainement t’aider ».

Continuant à rire de sa blague, il retourna dans la pièce principale et referma la porte.

Patrick se rendit compte qu’il s’était levé, que ce n’était pas une bonne idée et qu’il ferait bien mieux de s’asseoir à nouveau. Ce qu’il fit.

Le pire des cauchemars : arrêté pour meurtre dans une ville inconnue… dans un pays dont il ne maîtrisait pas parfaitement la langue…

Il avait déjà eu des ennuis mais jamais de ce niveau, sa présence d’esprit et sa rapidité d’action l’avaient toujours souvent sorti d’affaire et puis il trichait rarement, ne se saoulait jamais (enfin jamais pendant une partie).

La veille il avait certainement tiré sur la corde mais de là à finir au bout …ça l’étonnait.

Pas de dés ou de cartes pour passer le temps. Et cette fille qui le fixait sans arrêt comme si elle pouvait voir à l’intérieur de son corps ses os, ses veines. Ca lui glaçait le sang.

La journée fut longue et sans intérêt. Même la nourriture amenée par l’ignoble maton n’avait pas d’intérêt, aucun goût et certainement aucun caractère nourrissant mais Patrick mangeât tout de même pour récupérer le plus de forces possible.

La nuit en revanche fut plus vivante. Une fois le soleil couché, Patrick décida d’essayer de trouver le sommeil et s’allongea sur un morceau de toile de jute crasseuse qui devait théoriquement être une paillasse.

Seule une lueur étrange provenait de la cellule d’à côté. Il fallut quelques secondes à Patrick pour comprendre que les yeux de sa voisine luisaient dans la nuit. Une lumière un peu verte. Certainement le reflet de la lune.

Cette contemplation interrogative fut brisée par l’entrée fracassante du garde. Il semblait mal habile sur ses jambes et passablement éméché.

Il ouvrit la grille de la cellule de la jeune femme et s’avança vers elle assez rapidement.

« Il va falloir être gentille ma jolie, sinon je te garantis que tu ne reverras jamais ta cabane au fonds des bois, ni tes racines de mandragore ».

Elle semblait terrorisée mais elle restait toujours silencieuse.

Il commença à lui glisser la main sous sa tunique de peau. Elle resta figée semblant à la fois résister et ne pas vouloir risquer quelque chose de plus grave que ce que ce gougeât lui faisait et avait prévu de lui faire.

Patrick était révolté, il commença à chercher un moyen d’intervenir. Trop d’obstacles : les barreaux, pas d’armes, rien à lancer (rien d’efficace). Quand tout à coup un bruit de clés se fit entendre depuis une des pièces qui se trouvait aux extrémités du couloir.

Immédiatement le balourd récupéra sa main et sortit de la cellule et referma la grille. Il retirait les clés de la serrure quand un grand type au visage sévère entra dans le couloir. Des vêtements usés et un tricorne cocardé achevait de composer le personnage.

« Je vérifiais simplement que tout se passait bien Prévôt » sans répondre, le Prévôt regarda la rouquine et Patrick puis revient ensuite vers l’odieux menteur.

« J’ai dehors un moine errant qui me dit vouloir défendre ces deux là lors de leur procès. »

« Je ne savais pas que les moines pouvaient intervenir dans les procès ? »

« De toute façon, ils ne trouveront pas mieux. Laisse le entrer et surveille les ».

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12 février 2008

douleur

Quelle atroce douleur, il avait l’impression que sa tête était ce qui pouvait correspondre de mieux à la représentation physique des mots « souffrance » et « douleur ».
Il porta ses mains vers ce qui lui semblait être l’origine des maux, l’endroit d’où se diffusait lentement cette atroce et puissante sensation. Elle irradiait comme l’onde qui s’étale dans une mare après qu’une pierre y eue été jetée : en cercle de moins en moins précis mais de plus en plus en plus larges.

Il pensait que le fait de poser ses mains sur sa plaie l’aurait apaisé mais il n’en fut rien !
Cela le lança encore plus.
C’était poisseux, enflé, et ...décidemment très douloureux.

De toutes façons il avait toujours été contre les amputations, surtout quand elles concernaient la tête et encore plus la sienne.

Ce qui lui faudrait c’est un verre de cette affreuse eau de vie que fabriquent les français ou mieux un verre de whisky de son pays natal ou des litres de potion cicatrisante vendue par les rebouteux crasseux vivants aux abords des villages.

Non, réflexion faite ce qu'il lui fallait c’était ouvrir les yeux.

Ce qu’il fit.

Il le fit très lentement et très péniblement. Il vit à travers des traits verticaux noirs, une jeune femme rousse à la peau très pale et aux yeux jaunes...

Quelle vision !

Elle le fit sursauter et sombrer immédiatement dans l’inconscience la plus totale.

C’est à son deuxième réveil qu’il remarqua  les odeurs d’urine, de sueur et certainement d’un tas d’autres choses capables d’émettre des  effluves désagréables.
Ce qu’il espérait c’était que la source de ces odeurs n’était pas sa blessure et que la jeune femme de ses rêves ne lui avait pas ouvert le cuir chevelu.

Encore une fois, il se rendit à la conclusion qu’il n’existait qu’un seul moyen de le savoir : ouvrir les yeux.

Un, deux, trois…

Une cellule, il était dans une cellule. Elle était assez vaste pour accueillir 10 personnes et elle était séparée d’une grille d’une autre prison dans laquelle se trouvait la jeune femme.

Ils étaient seuls.

Ses vêtements de voyage étaient posés,…non avaient été jetés sur un des bancs qui entouraient la pièce. Un broc et une écuelle pleine de ragoût froid et figé se trouvaient près de la porte.

Il s’assit avec difficulté, la tête toujours lourde et douloureuse. Quoique moins qu’auparavant. Il ne saignait pas, ou du moins s’il avait une plaie, la cicatrisation avait commencé.
Son fusil et son couteau de chasse lui avaient bien entendu été retirés, ainsi que ces bottes de voyage d’ailleurs.

Il était nus pieds dans une prison nauséabonde avec pour seuls compagnons une assiette de nourriture immangeable, une bosse sur le crâne et une rousse en chausses…

En chausses ……..décidemment son réveil était des plus difficiles. A moins qu’il ne soit encore endormi ?
Non l’odeur et la souffrance ne pouvaient pas être le résultat d’un rêve.

Il sourit, « salut »…
Elle l’observait sans bouger.
« Je suis Patrick et vous ? » Après s’être dit qu’il aurait certainement répondu « moi non » à la place de la jeune femme qui ne décrochait pas un mot, il tenta une autre question « vous êtes là depuis longtemps ? »

Toujours pas de réaction.
Les deux cellules occupaient une bonne partie de la pièce. Un espace subsistait à coté des cages. Il faisait certainement office de couloir et une porte terminait chaque extrémité de ce « couloir ».

Celle de gauche s’ouvrit.
« je savais bien que j’avais entendu du bruit  et comme la sorcière n’est pas du genre bavarde ca pouvait et’que toi. J’dois v’nir te dire que t’as été enfermé pour vol, triche aux dés, violence et meurtre. J’dois aussi te dire que tu risques la corde au cou. Dans ton pays, t’aurais pas été traité plus mal,… (il cherchait ses mots) ha oui lépreux jaune… (il semblait content de lui) ». Le maton, plutôt sale, ponctua sa phrase en crachant par terre et en souriant laissant apparaître quelques trous dans sa dentition.

D’abord, Patrick ne dis rien, enfin rien à voix haute " d’abord, je suis le Leprechaun  et pas le lépreux jaune, ensuite un meurtre !!!!"
Il n’avait jamais assassiné qui que soit. Quelques crétins avaient certainement perdu quelques morceaux de leur anatomie dans des combats au couteau mais toujours à la loyal….

Si seulement il pouvait se souvenir de sa soirée….

 

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06 février 2008

:-)

trefle

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bientot les aventures de Patrick le LEPRECHAUN

Allez je me lance dans une petite histoire à raconter le soir aux grands et aux enfants

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