28 février 2008

La geôle

Il poursuivit ses pensées à voix haute : « un conseiller juridique, je veux un law…avocat »

- «  crie pas si fort, je suis à côté de toi. » Il pris un air songeur ….  « j’veux bien d’mander en ville si quelqu’un est d’accord pour t’aider mais vu que tu n’as pas d’argent… maintenant si tu trouves une marmite d’or au bout de mon ARC EN CIEL… » il ponctua sa blague d’un geste obscène et d’un regard en coin vers la jeune femme « on pourra certainement t’aider ».

Continuant à rire de sa blague, il retourna dans la pièce principale et referma la porte.

Patrick se rendit compte qu’il s’était levé, que ce n’était pas une bonne idée et qu’il ferait bien mieux de s’asseoir à nouveau. Ce qu’il fit.

Le pire des cauchemars : arrêté pour meurtre dans une ville inconnue… dans un pays dont il ne maîtrisait pas parfaitement la langue…

Il avait déjà eu des ennuis mais jamais de ce niveau, sa présence d’esprit et sa rapidité d’action l’avaient toujours souvent sorti d’affaire et puis il trichait rarement, ne se saoulait jamais (enfin jamais pendant une partie).

La veille il avait certainement tiré sur la corde mais de là à finir au bout …ça l’étonnait.

Pas de dés ou de cartes pour passer le temps. Et cette fille qui le fixait sans arrêt comme si elle pouvait voir à l’intérieur de son corps ses os, ses veines. Ca lui glaçait le sang.

La journée fut longue et sans intérêt. Même la nourriture amenée par l’ignoble maton n’avait pas d’intérêt, aucun goût et certainement aucun caractère nourrissant mais Patrick mangeât tout de même pour récupérer le plus de forces possible.

La nuit en revanche fut plus vivante. Une fois le soleil couché, Patrick décida d’essayer de trouver le sommeil et s’allongea sur un morceau de toile de jute crasseuse qui devait théoriquement être une paillasse.

Seule une lueur étrange provenait de la cellule d’à côté. Il fallut quelques secondes à Patrick pour comprendre que les yeux de sa voisine luisaient dans la nuit. Une lumière un peu verte. Certainement le reflet de la lune.

Cette contemplation interrogative fut brisée par l’entrée fracassante du garde. Il semblait mal habile sur ses jambes et passablement éméché.

Il ouvrit la grille de la cellule de la jeune femme et s’avança vers elle assez rapidement.

« Il va falloir être gentille ma jolie, sinon je te garantis que tu ne reverras jamais ta cabane au fonds des bois, ni tes racines de mandragore ».

Elle semblait terrorisée mais elle restait toujours silencieuse.

Il commença à lui glisser la main sous sa tunique de peau. Elle resta figée semblant à la fois résister et ne pas vouloir risquer quelque chose de plus grave que ce que ce gougeât lui faisait et avait prévu de lui faire.

Patrick était révolté, il commença à chercher un moyen d’intervenir. Trop d’obstacles : les barreaux, pas d’armes, rien à lancer (rien d’efficace). Quand tout à coup un bruit de clés se fit entendre depuis une des pièces qui se trouvait aux extrémités du couloir.

Immédiatement le balourd récupéra sa main et sortit de la cellule et referma la grille. Il retirait les clés de la serrure quand un grand type au visage sévère entra dans le couloir. Des vêtements usés et un tricorne cocardé achevait de composer le personnage.

« Je vérifiais simplement que tout se passait bien Prévôt » sans répondre, le Prévôt regarda la rouquine et Patrick puis revient ensuite vers l’odieux menteur.

« J’ai dehors un moine errant qui me dit vouloir défendre ces deux là lors de leur procès. »

« Je ne savais pas que les moines pouvaient intervenir dans les procès ? »

« De toute façon, ils ne trouveront pas mieux. Laisse le entrer et surveille les ».

Posté par Conteur à 09:29 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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