12 février 2008

douleur

Quelle atroce douleur, il avait l’impression que sa tête était ce qui pouvait correspondre de mieux à la représentation physique des mots « souffrance » et « douleur ».
Il porta ses mains vers ce qui lui semblait être l’origine des maux, l’endroit d’où se diffusait lentement cette atroce et puissante sensation. Elle irradiait comme l’onde qui s’étale dans une mare après qu’une pierre y eue été jetée : en cercle de moins en moins précis mais de plus en plus en plus larges.

Il pensait que le fait de poser ses mains sur sa plaie l’aurait apaisé mais il n’en fut rien !
Cela le lança encore plus.
C’était poisseux, enflé, et ...décidemment très douloureux.

De toutes façons il avait toujours été contre les amputations, surtout quand elles concernaient la tête et encore plus la sienne.

Ce qui lui faudrait c’est un verre de cette affreuse eau de vie que fabriquent les français ou mieux un verre de whisky de son pays natal ou des litres de potion cicatrisante vendue par les rebouteux crasseux vivants aux abords des villages.

Non, réflexion faite ce qu'il lui fallait c’était ouvrir les yeux.

Ce qu’il fit.

Il le fit très lentement et très péniblement. Il vit à travers des traits verticaux noirs, une jeune femme rousse à la peau très pale et aux yeux jaunes...

Quelle vision !

Elle le fit sursauter et sombrer immédiatement dans l’inconscience la plus totale.

C’est à son deuxième réveil qu’il remarqua  les odeurs d’urine, de sueur et certainement d’un tas d’autres choses capables d’émettre des  effluves désagréables.
Ce qu’il espérait c’était que la source de ces odeurs n’était pas sa blessure et que la jeune femme de ses rêves ne lui avait pas ouvert le cuir chevelu.

Encore une fois, il se rendit à la conclusion qu’il n’existait qu’un seul moyen de le savoir : ouvrir les yeux.

Un, deux, trois…

Une cellule, il était dans une cellule. Elle était assez vaste pour accueillir 10 personnes et elle était séparée d’une grille d’une autre prison dans laquelle se trouvait la jeune femme.

Ils étaient seuls.

Ses vêtements de voyage étaient posés,…non avaient été jetés sur un des bancs qui entouraient la pièce. Un broc et une écuelle pleine de ragoût froid et figé se trouvaient près de la porte.

Il s’assit avec difficulté, la tête toujours lourde et douloureuse. Quoique moins qu’auparavant. Il ne saignait pas, ou du moins s’il avait une plaie, la cicatrisation avait commencé.
Son fusil et son couteau de chasse lui avaient bien entendu été retirés, ainsi que ces bottes de voyage d’ailleurs.

Il était nus pieds dans une prison nauséabonde avec pour seuls compagnons une assiette de nourriture immangeable, une bosse sur le crâne et une rousse en chausses…

En chausses ……..décidemment son réveil était des plus difficiles. A moins qu’il ne soit encore endormi ?
Non l’odeur et la souffrance ne pouvaient pas être le résultat d’un rêve.

Il sourit, « salut »…
Elle l’observait sans bouger.
« Je suis Patrick et vous ? » Après s’être dit qu’il aurait certainement répondu « moi non » à la place de la jeune femme qui ne décrochait pas un mot, il tenta une autre question « vous êtes là depuis longtemps ? »

Toujours pas de réaction.
Les deux cellules occupaient une bonne partie de la pièce. Un espace subsistait à coté des cages. Il faisait certainement office de couloir et une porte terminait chaque extrémité de ce « couloir ».

Celle de gauche s’ouvrit.
« je savais bien que j’avais entendu du bruit  et comme la sorcière n’est pas du genre bavarde ca pouvait et’que toi. J’dois v’nir te dire que t’as été enfermé pour vol, triche aux dés, violence et meurtre. J’dois aussi te dire que tu risques la corde au cou. Dans ton pays, t’aurais pas été traité plus mal,… (il cherchait ses mots) ha oui lépreux jaune… (il semblait content de lui) ». Le maton, plutôt sale, ponctua sa phrase en crachant par terre et en souriant laissant apparaître quelques trous dans sa dentition.

D’abord, Patrick ne dis rien, enfin rien à voix haute " d’abord, je suis le Leprechaun  et pas le lépreux jaune, ensuite un meurtre !!!!"
Il n’avait jamais assassiné qui que soit. Quelques crétins avaient certainement perdu quelques morceaux de leur anatomie dans des combats au couteau mais toujours à la loyal….

Si seulement il pouvait se souvenir de sa soirée….

 

Posté par Conteur à 10:11 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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